Le droit syndical des enseignants a malheureusement été remis en cause par le président de la FCPE il y a quelques semaines au travers de différents articles de presse. Par ailleurs, cette association reproche au SNALC (Syndicat national des lycées, collèges, écoles et du supérieur) de « stigmatiser les parents d’élèves ».

Il nous faut donc rétablir certains faits : Nous n’avons jamais stigmatisé les parents d’élèves, au contraire nous restons convaincus que les parents sont essentiels dans l’acte éducatif. Le SNALC se bat chaque année pour que les décisions importantes se fassent en commissions permanentes où tous les élus ont droit de siéger et non au conseil pédagogique excluant de fait les autres acteurs de la communauté éducative.

Toutefois, chacun doit assumer son rôle, malheureusement, certains parents d’élèves font de l’ingérence : ils prétendent pouvoir mieux enseigner que les professeurs. Ils critiquent devant leurs propres enfants les enseignants, ce dont se saisissent les enfants pour contester encore plus le système éducatif. Tout conduit à une dégradation progressive de l’ambiance de classe qui au lieu d’être propice au travail et à l’étude devient un lieu de contestation permanente.

Les écoles, les collèges et les lycées sont désormais les derniers lieux au sein desquels on vient contester l’autorité de l’Etat, l’enseignant est un bouc émissaire tout désigné.

Il faut bien comprendre que nous, enseignants, sommes les défenseurs de l’esprit critique que nous enseignons à nos élèves, mais il faut aussi comprendre que l’on ne peut pas être critiqué ou contesté sans cesse puisque nous aussi nous ne sommes que les victimes des dysfonctionnements du système.

Et notre syndicat a régulièrement dénoncé ces dysfonctionnements :

  • En ce qui concerne les absences non remplacées. On a réduit fortement le nombre de professeurs titulaires remplaçants. On est passé à la Réunion de cinq zones de remplacement à deux zones dans les années 2010, malgré l’augmentation continue de la population… et malgré la baisse du nombre de professeurs. La conséquence est qu’on peut demander à un remplaçant qui habite la Possession d’aller remplacer un professeur à la Plaine-des-Cafres, qui accepterait cela. La conséquence est qu’aucun professeur titulaire ne souhaite désormais être professeur remplaçant. L’administration fait donc appel à des contractuels mais qui finissent par être épuisés par de telles conditions de travail.

Sur ce sujet très important le SNALC a fait des propositions très concrètes. En présence de Jean-Rémi Girard, président du SNALC, présent lors de notre congrès nous avons proposé une solution plus cohérente, celle de quatre zones au lieu de deux.

  • En ce qui concerne le mal-être des élèves : un plan prévention violence approuvé en 2017 mais il n’a pas été mis en œuvre. Il prévoit que dès que les premiers signes d’incivilité ou de décrochage sont détectés (comme l’oubli répété et volontaire de matériel, une multiplication des absences ou tout autres comportements inquiétants…), les élèves concernés sont pris en charge avant que la situation ne se dégrade.
    Les élèves qui se retrouvent dans ces situations doivent pouvoir bénéficier de dispositifs particuliers. Nous soutenons par exemple que certains de ces élèves doivent pouvoir
    aller en stages qui les aideront à s’orienter vers les filières qui les intéressent réellement. Et là encore un travail en collaboration avec les parents est nécessaire.

  • En ce qui concerne les relations entre les parents et les enseignants nous réaffirmons qu’elle est nécessaire. On pourrait prendre de très nombreux exemples de l’engagement des parents et de leurs représentants au sein des écoles, collèges et lycées. On peut citer par exemple les parents qui sont accompagnateurs lors de sorties scolaires, lors de certaines activités comme l’aisance aquatique ou encore l’organisation des fêtes au sein des écoles maternelles et primaires. On retrouve le même engagement dans le fonctionnement des collèges et des lycées lors des différentes manifestations et aussi très souvent en soutien pour les voyages d’étude dans le cadre européen par exemple. Alors oui, nous l’affirmons sans hésiter les parents sont d’une aide précieuse lorsqu’ils interviennent pour soutenir les enseignants.

Mais on est obligé de le dire certains parents contestent l’autorité des professeurs et cela est nuisible à l’ensemble du système éducatif. Nos collègues vivent de véritables situations de harcèlement en raison de la remise en cause permanente de leurs cours, de leur manière d’enseigner, de leur dignité… ce qui conduit à un épuisement professionnel et donc à des arrêts maladies puisque nombreux sont ceux qui sont au bout du rouleau.

  • Une remise en cause surprenante du droit syndical. Il est particulièrement choquant que dans un état de droit on puisse remettre en cause le droit syndical. Au sein de toutes les professions il y a des syndicats qui organisent des congrès auxquels assistent les employés. Par ailleurs, la formation syndicale devient justement une nécessité lorsque les conditions de travail se détériorent comme c’est actuellement le cas au sein de l’éducation nationale. Si une critique devait être formulé, c’est bien celle qui porte sur la multiplication des reunions comme celles qui portent régulièrement sur les évaluations des établissements.

Nous tenions à apporter ces précisions à tous ceux qui prennent part à l’éducation de notre jeunesse : enseignants et parents. Au moment où la violence entre dans nos écoles, nos collèges et nos lycées sans que les chiffres remontés ne traduisent la cruelle réalité, au moment où les gendarmes sont présents et doivent fouiller les collégiens et les lycéens pour s’assurer qu’ils n’entrent pas dans les établissements avec des armes blanches, nous ne devons pas nous diviser, mais au contraire nous devons tous faire l’effort de bien nous comprendre les uns les autres pour rester solidaires et assurer l’avenir de notre jeunesse. Le Snalc se battra toujours et encore plus fort contre ces remises en cause dangereuses et indignes de l’autorité des personnels du primaire au supérieur.

Le SNALC Réunion.

Dernière modification le 21/05/2026 par Webmaster